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Philippe Musard

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Compositions pour: Jazz ensemble

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Philippe Musard (1792-1859) est un des plus illustres représentants de la musique festive de danses de Paris au XIX siècle, compositeur et chef d'orchestre français. Sa carrière, commencée à Londres et poursuivie à Paris, a duré des dizaines d'années. Il a connu une célébrité internationale et est à présent oublié.
C'est, de son vivant, une personnalité parisienne admirée et aussi moquée, notamment à propos de sa laideur physique. Cet humour est notamment illustré par des caricatures de Cham ou bien encore, par exemple, par la Complainte lamentable sur la naissance, la vie et la mort du célèbrrrrre Musard, dit Napoléon III à chanter sur l'air de la Complainte de Fualdès.
Le fils de Philippe Musard, Alfred Musard (1818-1881) connu sous le nom d'Alfred Musard fils ou Musard fils, est également compositeur et chef d'orchestre.
Fils d'un entrepreneur de bals parisiens, Philippe Musard nait le 8 novembre 1792 à Tours.
La première partie de sa carrière a pour cadre Londres, où il dirige des concerts promenades et est chef d'orchestre des bals de la reine Victoria.
D'Angleterre, où il a épousé une Anglaise, il vient poursuivre sa carrière à Paris à 38 ans. Il dirige des bals à la cour et à la ville. On le baptise « le roi du quadrille », « le Napoléon du quadrille ». Cette danse alors à la mode, notamment au Carnaval de Paris, est sa spécialité. Il est chef d'orchestre des bals de l'Opéra, à l'Opéra Le Peletier, qui sont organisés durant la période du carnaval. Son orchestre compte jusqu'à cent exécutants. Musard a parmi ses collaborateurs le corniste virtuose Dufresne.
En 1836, Charles Delaunay, au nombre des sujets de conversation de la semaine qu'il mentionne dans La Presse, indique qu'il y a « Les concerts de Musard, véritable emblème des plaisirs de notre époque ; une harmonie délicieuse qui couvre de grossiers propos des salons dorés tout remplis de boue. »
En 1837, Frédéric Soulié écrit dans La Presse : « le bal Musard est une belle chose. Ce sera même le seul grand souvenir de notre époque. » Il rapporte aussi que les habitués du bal Musard se sont baptisés entre eux les « voleurs » et les « voleuses ». Et que les « voleurs » entrent au bal au cri de : « Ohée ! ohée ! ohée ! les voleuses ! »
En 1837, Musard invite à Paris Johann Strauss père. À la suite de ce voyage où il a pu entendre des quadrilles, ce dernier commence à en composer lui-même. Il introduit cette danse en Autriche lors du carnaval de 1840.
Vers la même année Musard introduit au bal de l'Opéra le cancan (ou coincoin), danse jugée lascive et scandaleuse, inventée par les blanchisseuses. Ancêtre du french cancan, le cancan ou coincoin se pratique en couple. À l'époque, sous leur robe et jupons les femmes portent des culottes fendues.
Les œuvres de Philippe Musard sont d'inspiration personnelle ou composées sur des thèmes tirés d'œuvres d'autres compositeurs.
Au nombre de ses créations : un quadrille moyenâgeux, un quadrille chinois, un quadrille arabe… Le manuscrit de son quadrille moyenâgeux porte en marge, de sa main, des indications : Branle de Champagne XV siècle, Colin Muset… qui laissent voir le travail de recherches préliminaires du compositeur.
En 1840, au Galop des Tambours, de Jean-Baptiste-Joseph Tolbecque (succès au Carnaval de Paris, en 1839 et 1840), il répond avec un Galop des Trompettes.
L'influence de Musard est énorme, en particulier sur le Carnaval de Paris. Ce dont se plaint Le Journal des artistes début 1844 :
En hommage à Musard, Amédée Louis de Beauplan a composé : Le bal de musard : Délire pour voix et piano.
Les œuvres de Philippe Musard figurent aujourd'hui dans les collections spécialisées (en particulier le département de la musique de la Bibliothèque nationale de France).
Au côté de Philippe Musard furent célèbres des dizaines d'autres compositeurs parisiens de musique festive de danses à présent également oubliés : Louis-Antoine Jullien, souvent considéré comme le rival de Musard, Isaac Strauss (en son temps, les Parisiens appelaient les Strauss autrichiens : « les Strauss de Vienne »), les frères Tolbecque, Jean-Baptiste Arban, Auguste Desblins, etc. On retrouve des partitions imprimées à l'époque en Angleterre, aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Australie. Parmi ces compositeurs, un seul est resté célèbre : Jacques Offenbach. Mais il est aujourd'hui surtout connu pour ses opérettes, pas pour ses musiques de danses, dont la plupart ne sont plus jouées.
En 1854, Philippe Musard prend sa retraite. Isaac Strauss le remplace à la tête de l'orchestre des bals de l'Opéra.
Le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France conserve une affiche Émile Cohl, lithographie en couleurs de grand format, annonçant le bal d'enfants du lundi gras 1858 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, accompagné par un orchestre composé de 120 musiciens, sous la direction de « Musard ».
Philippe Musard meurt le 30 mars 1859. Il est alors maire du village d'Auteuil qui l'année suivante va être rattaché à Paris.
Son nom est inscrit dans le hall d'entrée de la mairie du 16 arrondissement de Paris, au nombre des maires des anciennes communes qui formèrent cet arrondissement en janvier 1860.
Le Journal des débats annonce :
Le 13 février 1837, dans La Presse, Frédéric Soulié donne au bal de l'Opéra dirigé par Musard le nom de « bal Musard » :
En 1837, Delphine de Girardin, dans ses Lettres Parisiennes, reproduit ces lignes que lui écrit une amie qui sort du bal de l'Opéra :
L'Illustration écrit, le 25 mars 1843 :
Le 29 décembre 1845, Théophile Gautier écrit dans La Presse :
Louis Huart écrit en 1850 dans Le bal Musard :
Enfin Musard parut, et le premier en France Fit sentir dans nos pas une juste cadence.
Dans la trilogie carnavalesque intitulée Carnaval du Galopin il est écrit à propos du Carnaval de Paris :
Les bals donnés par Philippe Musard étaient célèbres pour leur ambiance. Les groupes énumérés ici – flambarts, badouillards, chicards et balochards – sont des sociétés festives et carnavalesques précises et organisées.
Ces quatre sociétés participant aux bals donnés au moment du Carnaval de Paris devaient ainsi contribuer à l'animation de ceux-ci. Leur qualification d'« état major d'mosieu MUSARD », indique que leur rôle était primordial dans l'animation des célèbres bals masqués organisés par Philippe Musard.