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Pierre Guédron

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Compositions pour: Jazz ensemble

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Pierre Guédron est un compositeur, chantre et luthiste français, né en 1565 au plus tard dans le Dunois (probablement à Châteaudun) et mort à Paris peu avant juillet 1620.
La carrière de Pierre Guédron est rapide et continue : commençant comme simple chantre, il la termine moins de trente ans après comme surintendant de la musique de Chambre du roi (l'emploi le plus élevé possible, avec celui de sous-maître de la Chapelle du roi), tout en publiant un nombre d’airs considérable.
« ...Fut assisté des chantres musiciens de la chapelle d’illustre prince monseigneur le cardinal de Guyse, qui chantèrent en l’église et au puy. Savoir, est... de Me Pierre Guedron, du pays de Beausse, qui pour lors estant en la mutation de sa voix, ce nonobstant chantoit la hautecontre fort bien... ». Cette mention, extraite des registres du puy d’Évreux pour l’année 1583, est la première qu’on possède sur Guédron. Elle permet d’estimer sa naissance (au plus tôt en 1565), sachant qu'il mue en 1583.
Après l’assassinat de Louis II de Lorraine, cardinal de Guise, le 24 décembre 1588, Guédron passe à la Chapelle du roi, vers 1589 ou 1590.
Il apparaît dans le personnel de la Chambre du roi un peu avant la réorganisation de la musique effectuée par Henri IV.
En 1599 au plus tard, il est maître des enfants de la Chambre du roi, charge partagée par semestre avec Claude Balifre. Cette dernière charge est donnée en 1613 à Antoine Boësset, son gendre, dans son contrat de mariage, étant alors évaluée à 9 000 livres tournois.
En 1601, peu après la mort de Claude Le Jeune, il succède à ce dernier comme compositeur de la Chambre du roi. Cette charge apparaît aussi au titre de son livre d'airs de 1602.
Il est aussi avant février 1603 valet de chambre du roi. Le titre de son livre d'airs de 1608 le cite comme "Maître & compositeur" de la musique de la Chambre ; mais comme le remarque Michel Le Moël ce nom de "maître" se réfère en fait à sa charge de maître des enfants.
En 1610, il va chercher à la cathédrale Saint-Gatien de Tours un enfant de chœur que le roi désire adjoindre à sa chambre.
Entre janvier et juin 1612, Guédron accepte la proposition de Claude Balifre de reprendre la totalité de la charge des enfants de la musique de la Chambre et de nourrir l’enfant que Balifre a sous ses ordres, pour 300 livres par an. Il est aussi à ce moment nommé Intendant de la musique de la Chambre.
Le 1 septembre 1613, il achète à Henri de Bonnières écuyer, seigneur de Gratian, sa charge de surintendant de la musique de la Chambre du roi, contre une rente annuelle de 187 livres et 10 sous. Le principal de cette rente est racheté à Claude Balifre, procureur d'Henri de Bonnières, par la veuve de Guédron le 17 septembre 1620 pour 3.000 lt.
Cette charge est revendue ensuite par moitié et en survivance le 13 novembre 1613 à Michel Fabry (maître de la musique de la reine) pour 12.000 lt. Par le même acte du 13 novembre 1613, Guédron obtient la moitié de la charge de Fabry. Mais Guédron se démet de cette demi-charge le 28 février 1617, au moment de la liquidation politique des Concini. Après la mort de Guédron, Fabry transmet 6 000 livres à la veuve de Guédron le 9 juillet 1620 pour récupérer l’autre moitié de la charge de surintendant de la musique de la Chambre du roi, conformément à leur accord de 1613.
Sa descendance complète a récemment été publiée ; elle recense treize enfants dont huit sont morts jeunes, en suite de son mariage avec Gillette Dugué [Duguay, Du Guay] (probablement de la famille de Jean Dugué, organiste du roi). Ses quatre premiers enfants sont baptisés à Châteaudun (Jacques vers 1593, Jehanne le 31 août 1595, Marguerite le 11 mars 1598, Catherine le 17 août 1599). Les autres sont baptisés à Paris : Marie le 23 avril 1601, Daniel le 6 février 1603, Michel le 18 février 1604, Madeleine le 20 juin 1605, Pierre le 10 juillet 1606, Léonor le 8 novembre 1607 (à Châteaudun), Françoise le 23 février 1609, Catherine II le 24 mai 1611, enfin Marie II le 23 août 1613). De toute cette descendance, seul Jacques aura (momentanément) une carrière musicale : chantre de la musique du roi en 1607. Guédron est aussi parrain de quelques enfants entre 1605 et 1611 et témoin à quelques mariages.
Le contrat de mariage de sa fille Jeanne avec Antoine Boësset date du 16 février 1613 ; il prévoit une dot de 6 000 livres tournois pour le futur époux (à savoir le don de la charge de maître des enfants de la Chambre du roi, évaluée à 9 000 livres, et 3 000 livres remboursés par Boësset).
Guédron est mort peu avant le 9 juillet 1620 : à cette date Michel Fabry achète à sa veuve pour 6 000 livres la demi-charge de surintendant de la musique du roi conformément à l’accord entre Guédron et Fabry de novembre 1613. Son dernier livre d’airs, paru en 1620, est posthume.
Il semble demeurer à Châteaudun jusque vers 1599 (c’est là en tout cas que naissent ses enfants, même s’il travaille essentiellement à Paris) ; en 1604-1613 il habite rue au cloître-Saint-Honoré à Paris. Le 6 avril 1606, il loue avec son gendre Antoine Boësset un corps d’hôtel rue de l'Arbre-Sec, à un certain Nicolas Charbonnel. Un acte du 15 février 1617 le dit résidant à Châteaudun. Un acte de 1627 le dit écuyer sieur de Saint-Aubin (La Chapelle-du-Noyer, Eure-et-Loir) et d'Harville (Civry, Eure-et-Loir). Ses descendants sont anoblis et portent un blason « d’azur à trois fallots d’or allumés de gueules ».
L’œuvre de Guédron est exclusivement profane et vocal. Ses premiers airs se rattachent encore à la tradition des airs de la fin du XVI siècle, écrits parfois dans la mouvance de la musique mesurée ou dans celle des vaudevilles, où la voix supérieure est privilégiée. Son style évolue ensuite à partir du livre de 1612, vers des airs plus libres, décrivant des passions plus nobles et dotés de réelles qualités mélodramatiques, qu’il emploie naturellement dans les ballets de cour auxquels il contribue. Dans ce style "de cour", le nombre de voix est variable au sein de la même pièce ; les contrastes dynamiques s’accentuent ; ses mélodies sont agréables et expressives. Ses derniers airs sont pour lui l’occasion de plus travailler sur la correspondance entre le mot et son accent musical, ce qui fera partie des préoccupations de ses continuateurs.
Beaucoup des airs polyphoniques de Guédron sont aussi publiés dans une version pour voix et luth, certains aussi pour voix seule. Les récits, écrits pour voix seule, sont publiés seulement pour voix et luth ; cette forme spécifique du ballet de cour lui a donné l’occasion de s’approcher du style déclamatoire de la monodie italienne.
Guédron est également poète, auteurs de vers qu’il met parfois lui-même en musique. Son emploi dans les ballets de cour le met naturellement en contact avec les poètes de cour, capables d’écrire rapidement des pièces de circonstance.
L’œuvre complet est publié dans : Pierre Guédron, les airs de cour, éd. Georgie Durosoir. Versailles, Éditions du CMBV, 2009. Les airs y sont publiés sous toutes leurs formes (polyphonie, voix et luth).
Guédron publie 6 livres d’airs de cour polyphoniques (un premier livre non numéroté et les livres 1 à 5, le dernier posthume), qui totalisent environ 200 airs. Une part d’entre eux a été écrite pour les principaux ballets de cour montés à Paris dans les deux premières décennies du XVII siècle : Ballet sur la Naissance de Monseigneur le duc de Vendosme (1598), Ballet des Bacchantes (1608), Ballet du maître à danser (1609), Ballet de Monseigneur le duc de Vendosme (Ballet d’Alcine) (1610), Ballet de Madame où sont représentés les météores (1613), Ballet des Argonautes (1614), Ballet de Madame (du Triomphe de Minerve) (1615), Ballet de Monsieur le Prince de Condé (1615), Ballet du Roy ou Ballet de la Délivrance de Renaud (1617), Ballet des Princes (1618), Ballet de la Reyne représentant la Beauté et ses nymphes (1618), Ballet du Roy sur L’Adventure de Tancrède en la forest enchantée (1619).
Avant le livre de 1602, quelques pièces de Guédron apparaissent dans des recueils parisiens de 1595, 1596 et 1597 (RISM 1595, 1596 et 1597.
Beaucoup des airs pour voix et luth existent aussi en version polyphonique dans les recueils ci-dessus. La parution de ses airs dans le 7 et le 8 livre, « mis en tablature par eux-mêmes », suggère que Guédron était aussi un bon luthiste.
Les recueils suivants contiennent des airs de Guédron qui pour la plupart existent en version pour voix et luth ou en version polyphonique (voir ci-dessus).
On trouve encore des airs de Guédron :
D'autres figurent encore dans divers manuscrits, dont la liste figure dans les Œuvres complètes, p. 687-688, et quelques thèmes sont réutilisés dans des pièces instrumentales (Samuel Scheidt, Jan Pieterszoon Sweelinck).
Le succès des airs de Guédron leur vaut d’être repris dans la musique spirituelle, toujours friande de mélodies déjà mémorisées. Il s'agit toujours de contrafacta :
Des airs de Guédron sont également repris dans :
Guédron a été très apprécié de son temps, comme chanteur autant que comme compositeur. Il est cité à plusieurs reprises par des théoriciens connus (Giovanni Battista Doni, Marin Mersenne, et jusqu’à Bertrand de Bacilly en 1661). Il apparaît aussi dans quelques correspondances du temps.