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Raoul Pugno

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Compositions pour: Jazz ensemble

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Raoul Pugno, né le 23 juin 1852 à Montrouge, et mort à Moscou le 3 janvier 1914 est un compositeur et pianiste français.
Il est né de parents modestes. Sa mère (lorraine) et son père (italien) n'étaient ni des créateurs, ni des virtuoses. Mais son père était fou de musique : il en vendait dans un tout petit magasin de la rue Monsieur-le-Prince à Paris, où se rencontraient les étudiants mélomanes. On y parlait de tout ce qui touchait à l'art lyrique, avec la passion de la jeunesse, celui-ci se mettant au piano, celui-là prenant un violon, tous vibrant à l'unisson. Ce petit magasin existe toujours. Il est maintenant au 20 rue de Savoie dans le sixième arrondissement.
C'est dans cette atmosphère que Raoul Pugno est né, respirant l'amour d'un art qui devait être un jour le sien. Ayant pressenti sa nature et caressant l'ambition qu'il devienne un grand musicien, son père le fait travailler de très bonne heure : à six ans, il est un enfant prodige et joue en public, pour la première fois, dans un concert de bienfaisance donné à l'Hôtel de ville. C'est une artiste de valeur, M Joséphine Martin, qui lui avait enseigné les premiers principes.
Sur la recommandation de Joseph Poniatowski, Raoul Pugno obtient une bourse à l'École Niedermeyer de Paris. Le 25 janvier 1866, par l'entremise d'Ambroise Thomas, qui l'avait un soir, par hasard, entendu exécuter un concerto de Hummel, il entre au conservatoire dans les classes de piano et de solfège (Mathias et Durand comme professeurs). Il obtient, cette même année, un 1 prix de piano à l'unanimité, et une 2 médaille de solfège. Puis en 1867, 1 médaille de solfège et 1 prix d'harmonie (Classe de Bazin). En 1869, 1 prix d'orgue (Classe de Benoit) et 2 prix de contrepoint et de fugue (classe d'Ambroise Thomas). À cette date, il n'avait pas toujours pas obtenu sa naturalisation (fils d'italien), ce qui l'empêcha de concourir pour le prix de Rome.
D'orientation révolutionnaire, il est nommé, à 18 ans, membre de la Commission d'aide à l'art musical et aux artistes, le 12 mai 1871, par la Commune de Paris. Deux de ses pièces sont proposées pour être jouées à l'Opéra le 22 mai 1871.
Élève de Georges Mathias et d'Ambroise Thomas, puis enseignant au conservatoire à son tour (harmonie, piano), il prend Nadia Boulanger sous son aile, jouant notamment sous sa direction sa Fantaisie variée pour piano et orchestre, et composant avec elle un certain nombre d’œuvres en collaboration dont, en 1909, le cycle de mélodies des Heures claires. Ils conçoivent ensemble l'opéra La Ville morte, sur un livret de Gabriele D'Annunzio, qui sera représenté à l'Opéra comique en 1915, un an après sa mort. Les agendas de Nadia Boulanger révèlent que leur relation dépassait largement celle du maître à l'élève et était en réalité un amour profond entre la jeune femme et celui qui était un ami de longue date de la famille.
Raoul Pugno a été organiste à l'Église Saint-Eugène (1872-1892) et chef de chœur au Théâtre Ventadour (1878-1892). Il a enseigné l'harmonie au Conservatoire de Paris (1892-1896), puis a été nommé professeur de piano 1 février 1896, poste dont il démissionne le 1 février 1901.
Malgré une excellente technique de jeu et doué d'une profonde inspiration, ce n'est qu'à partir de la quarantaine que Pugno se lance sérieusement dans une carrière de concertiste. Il donne des récitals de sonates dans le monde entier (Angleterre en 1894). En 1897, il part en tournée aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Autriche, en Russie...avec le violoniste belge Eugène Ysaÿe, son frère de cœur et d'art, avec qui il interprète notamment les sonates de Beethoven. Il conquiert tous les publics « par le charme de son jeu, dont la légèreté surprenait lorsqu'on voyait ce gros homme barbu, solidement assis sur une chaise, renforcée par des chevilles de cuivre ».
Son dernier concert a lieu le 15 décembre 1913 en Russie, avant que la Première Guerre mondiale n'éclate. Le mal qui devait l'emporter le minait déjà. Le 27 décembre, à Moscou, dans la chambre où il devait mourir, il met pour la dernière fois les mains sur le piano. Il s'éteint le 3 janvier 1914. Il est enterré à Gargenville où il fut maire de 1904 à 1908.
Le pianiste était aussi un grand amateur d'art, collectionneur éclairé et habitué des salles de l'Hôtel Drouot.
Pugno a édité les œuvres de Chopin et de Robert Schumann pour les éditions Universal à Vienne. La Cité de la musique-Philharmonie de Paris conserve un bas-relief en bronze, Portrait de Stéphane-Raoul Pugno lisant une partition, réalisé par le sculpteur Louis-Aimé Lejeune en 1921.