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Robert Cambert

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Compositions pour: Jazz ensemble

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musique dramatique, motets, airs à boire
Robert Cambert est un organiste et compositeur français né à Paris vers 1628 et mort à Londres en février ou mars 1677.
Robert Cambert est né à Paris, fils de Robert Cambert (maître fourbisseur et garnisseur d’épées, mort entre 1629 et 1636) et de Marie Moulin. Il est un élève de Jacques Champion de Chambonnières. D’abord organiste de la paroisse Saint-Laurent, Robert Cambert est nommé organiste de l’église collégiale Saint-Honoré en 1652.
Robert est quatre fois parrain entre juillet 1646 et avril 1672. Parmi ses filleuls se trouve Jeanne, fille de l’organiste François de Romancan (5 novembre 1662). Il épouse le 30 juin 1655, à Saint-Eustache, Marie Du Moustier, fille de feu Jacques Du Moustier, tailleur d’habits à Pontoise. Sa femme lui donne au moins une fille, Marie-Anne.
Cambert a commencé à collaborer avec le poète Pierre Perrin autour de 1657, mettant en musique une sarabande pour le retour du cardinal Barberini en France. Il met également en musique des « airs en dialogue » écrits à cette époque par Perrin « pour exprimer les passions, et les mouvements de l’âme les plus pathétiques », chantés devant le cardinal Della Rovere, alors ambassadeur du duché de Savoie en France. Suit La muette ingratte, une pièce plus développée d’environ 45 minutes, exécutée chez lui à plusieurs reprises, qui fournit à Perrin l’idée d’écrire une œuvre dramatique plus développée.
Ce sera la Pastorale d’Issy, donnée en 1659, une œuvre que Perrin revendique être la première d'un nouveau genre de poésie dramatique française (sans tenir compte du précédent proposé par Michel de La Guerre).
Forts de ce succès (le public français put sans doute apprécier une œuvre en français de dimension raisonnable, alors qu’il avait été gavé ces dernières années d’opéras italiens aussi démesurés qu’incompréhensibles), Cambert et Perrin reçoivent une commande de Mazarin pour une seconde œuvre plus développée, qui sera Ariane, ou le mariage de Bacchus, préparée en 1660-1661 mais non jouée du fait du décès de Mazarin le 9 mars 1661.
Dans les années suivantes, Cambert (outre son poste d’organiste) semble surtout avoir travaillé à des concerts sacrés ou profanes, dont les gazettes de Jean Loret ou de Robinet donnent des mentions. Celles-ci montrent que, dès la fin des années 1650, sa réputation de chef et de compositeur était très bien établie hors de son église.
En 1662, il est nommé maître et compositeur de la musique de la reine mère Anne d’Autriche (1601-1666) (sans doute en raison du succès de sa Pastorale de 1659 et de ce qui avait pu transparaître de son travail sur Ariane) ; c’est donc naturellement lui qui dirige le 31 janvier 1666 un De profundis pour ses funérailles.
C’est aussi dans cette période intermédiaire de sa carrière qu'il publie ses airs à boire (1665) et qu’il intervient au moins deux fois pour la musique de scène : il semble avoir été engagé en automne 1664 par la troupe du roi pour diriger la musique de La Princesse d’Élide de Molière ; il compose aussi en 1666 le Trio de Cariselli pour une pièce de Brécourt, publié avec le livret.
Le privilège royal pour la création d’une académie royale de musique, décerné à Pierre Perrin le 28 juin 1669, fut l’occasion pour Cambert et Perrin de recommencer à travailler ensemble. Ils pensent d’abord reprendre Ariane mais abandonnent ce projet, et montent Pomone, pastorale est considérée par la suite comme le premier opéra du répertoire de l’Académie. Perrin s’associe avec Cambert, qui recrute et fait répéter des chanteurs, l’œuvre étant créée en mars 1671. Sont aussi associés le marquis de Sourdéac pour les machines, un certain Champeron, et y travaillent de même les chorégraphes Pierre Beauchamp et Des Brosses pour les danses. Le spectacle, donné environ huit mois, obtient un succès considérable mais se révèle un gouffre financier. Les malversations de Sourdéac et Champeron font que personne n’est payé et que Perrin doit être emprisonné pour dettes.
Cambert décide alors de travailler avec un nouveau librettiste, Gabriel Gilbert, pour donner un second opéra intitulé Les Peines et les plaisirs de l’amour (créé en février-mars 1672). Malgré un succès prometteur, les représentations s’interrompent à cause du retrait le 1 avril 1672 du privilège de l’Académie des mains de Perrin, et de son attribution à Jean-Baptiste Lully. De ce fait, les artistes perdent l’occasion de rétablir leur finance.
Après s’être vu retirer son privilège, Cambert tente de se repositionner en achetant à Jean Granouilhet de Sablières la moitié de sa charge d’intendant et maître de la musique de Philippe d'Orléans (1640-1701), pour 4500 lt, mais cette position ne lui fut pas finalement acquise.
Il décide de partir à Londres et donne à sa femme Marie Dumoustier, le 19 août 1673, procuration pour gérer ses affaires parisiennes, y compris la suite du procès relatif à la liquidation de la direction Sourdéac. Il demeurait à cette époque rue des Bons enfants, paroisse Saint-Eustache.
Il arrive à Londres, probablement en automne 1673 mais n’est remplacé que le 3 septembre 1674 dans ses fonctions d’organiste par le chapitre de l’église Saint-Honoré. Probablement recommandé auprès de Charles II (roi d'Angleterre), qui appréciait fort la musique française, il crée une Royal Academy of Music, réponse anglaise à celle qu’il avait créée à Paris, et donne au moins deux spectacles :
Il retourne en France en avril 1676, logé chez le facteur Denis, et repart à Londres.
Des témoignages diplomatiques exposés par John Buttrey montrent qu’en juin 1676, Cambert jouait du clavecin dans des concerts donné par Louise de Keroual [Carwell], duchesse de Portsmouth (Buttrey 1995 p. 200 et 205) ; y sont joués des extraits des œuvres de Lully (et sans doute des siennes propres). Buttrey fait l’hypothèse que le départ de Cambert pour Londres, avec d’autres musiciens (dont Jacques Paisible), était un effet de la volonté de Louis XIV d’attirer Charles II d’Angleterre dans les bras de Louise de Keroual, son amante depuis 1673, et de disposer sur place d’espions susceptibles de renseigner son ambassadeur. Peut-être cette mission lui a-t-elle été donnée en compensation de son retrait du privilège de l’Académie royale de musique ?
Cambert meurt à Londres, probablement en mars 1677 (sa nécrologie paraît dans le Nouveau Mercure galant d’avril 1677, p. 14-15) : Le sieur Cambert, maistre de musique de la feue Reyne mère, est mort à Londres, où son génie estoit fort estimé. Il avoit reçeu force biens-faits du Roy d’Angleterre, & des plus grands Seigneurs de sa Cour, & tout ce qu’ils ont veu de ses ouvrages n’a point démenty ce qu’il a fait en France... À l'époque, on a prétendu qu'il s'était suicidé, ou bien qu'il avait été empoisonné par l'un de ses serviteurs. Certains ont même accusé Lully de complicité, mais il s'agissait de rumeurs sans fondement.
Il est dit qu’il avait alors 49 ans, ce qui le fait naître autour de 1628. Un an plus tard, sa fille Marie-Anne, claveciniste, épouse le compositeur et violoniste Michel Farinel.
Le gros des œuvres de Cambert est perdu, de sorte que la valeur intrinsèque de ses compositions est difficile à évaluer. Mais son talent réside aussi dans sa capacité, partagée avec Perrin, d’avoir posé les bases de l’opéra français, avec une ouverture, une succession de symphonies, d’airs (à voix seule, en duo ou en trio), de chœurs et de récits, agrémentée de pièces de ballet et éventuellement de machines, le tout précédé d’un prologue à la louange du roi. Les tragédies lyriques de Lully auront des structures similaires.
Voir en exemple deux airs de Cambert dans la base Philidor du CMBV :